Québec (province). Scandales. Affaire du Canadian Pacific. (Gouvernement du Canada)

Un article de la Mémoire du Québec (2020).

  • Éphémérides -


1871 La Colombie-Britannique accepte de se joindre à la Confédération canadienne à la condition que le Gouvernement du Canada s'engage à faire construire, dans un délai maximum de 10 ans, un chemin de fer qui relierait la nouvelle province à l'est du Pays. (Août) Des bailleurs de fonds américains font savoir à Hugh Allan via Francis Hincks, qu'ils s'intéressent au contrat de chemin de fer du Canadian Pacific. (Décembre) Hugh Allan signe un accord avec les bailleurs de fonds américains pour mettre un consortium sur pied et obtenir le contrat de construction du chemin de fer du Canadian Pacific.
1872 (8 juillet) Hugh Allan, dans une lettre adressée à un de ses correspondants des États-Unis explique comment il s'y est pris pour convaincre George-Étienne Cartier, le chef du Parti canadien-français qui détenait alors la balance du pouvoir ; en échange de l'appui du groupe de Cartier au projet, Allan prévoit une somme de 300 000 $ dont la plus grande partie sera payée une fois que le contrat du chemin de fer aura été accordé au Canadian Pacific. (30 juillet) George-Étienne Cartier signe une entente rédigée par Hugh Allan et John Joseph Caldwell Abbott qui accorde le contrat de construction du chemin de fer du Canadian Pacific à Allan et à son groupe. (Juillet à octobre) Élections générales au Canada ; le Parti conservateur de John A. Macdonald est reporté au pouvoir avec 103 députés élus contre 97 pour le Parti libéral ; George-Étienne Cartier est défait dans la circonscription de Montréal-Est. John A. Macdonald convainc Allan de se séparer des Américains ; ceux-ci menacent de révéler le fait qu'ils ont avancés de l'argent à Allan pour soudoyer les ministres et députés conservateurs.
1873 (Février) La Compagnie montréalaise Canadian Pacific fondée par Hugh Allan se voit confier la tâche de construire le chemin de fer. Le Gouvernement promettait un subside de 30 M $ et cédait 50 000 000 acres de terre à la compagnie d'Allan. Alors que Allan et son avocat John Joseph Caldwell Abbott sont partis à Londres, un certain George Norris, le secrétaire particulier de Abbott et un complice nommé Alfred Cooper, ouvrent le coffre-fort de Abbott, s'emparent de la correspondance entre Allan et Abbott et la copient. Les libéraux payèrent 5 000 $ à Norris pour obtenir cette correspondance. (2 avril) Dans une courte déclaration, Lucius Seth Huntingdon, député libéral de Shefford, accuse le gouvernement de corruption grossière ; il n'en dit pas plus. Les Libéraux révèlent que John A. Macdonald, George-Étienne Cartier et Hector Langevin ont obtenu plus de 350 000 $ de Hugh Allan et des libéraux font publier dans leurs journaux des documents qui révèlent la correspondance d'Allan avec les bailleurs de fonds américains pour financer leur campagne électorale de 1872. (18 juillet) La correspondance Allan-Abbott est acheminée aux journaux. Le Gouvernement Macdonald institue une commission royale d'enquête dans l'espoir d'enterrer l'affaire. (23 octobre) Des députés conservateurs lâchent le Gouvernement qui devient minoritaire. (Octobre) L'enquête révèle que le Parti conservateur de John A. Macdonald avait reçu de fortes sommes d'argent d'Allan pour financer la campagne électorale qui l'avait porté au pouvoir. (3 novembre) Appréhendant un vote de non-confiance, Macdonald fait un discours de cinq heures défendant ses états de services à la Chambre des communes. (4 novembre) D'autres députés du Parti conservateur, dont Donald Smith, démissionnent. (5 novembre) Le Gouverneur général, Lord Dufferin obtient la démission du gouvernement Macdonald et convoque les électeurs aux urnes.
1874 (22 janvier) Élection générale au Canada : le Parti libéral forme un gouvernement majoritaire avec 133 députés élus contre 73 du Parti conservateur.
1878 Macdonald est réélu et le projet du Canadian Pacific se réalise par un nouveau consortium dirigé par Donald Smith.



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